Pourquoi ce livre ? 

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     Au début des années 90, avec Pascal Vallance,  Excellent clown et comédien,  l’un des quatre de la première équipe « A Contre-Jour », nous évoquions souvent l’idée d’écrire un texte consacré à nos anecdotes de scène.  C’étaient les premières années, le temps naïf des premiers spectacles, nous nous étonnions de presque rien. 

     Souvent depuis j’ai voulu réaliser ce projet. Souvent j’ai commencé un travail d’écriture. Souvent j'ai délaissé, oublié, voire perdu le manuscrit.

 

     A chaque fois il fallait tout recommencer.

     Pas le temps de rédiger,  pas vraiment l’envie, peut-être pas suffisamment d’événements dignes d’être rapportés.  Raconter c’est bien, mais encore faut-il savoir dans quel but l’on raconte !

 

     Les anecdotes s’amoncelaient, l’expérience grandissait, les partenaires changeaient, les années passaient. 

     Ce fut les dix ans de la Compagnie,  les vingt ans et aujourd’hui bien plus.

 

     Mon personnage de « professionnel de la prévention » se spécialisait.  Pourtant, rien ne sortait de ma plume, si ce n'est bien sur des « outils d'interaction »  explorant des thèmes de plus en plus nombreux et variés.

 

     Homme de débat et de scène, écrivant pour être entendu et non lu, j’avais contracté l’angoisse de la page blanche. Tellement de choses à dire, mais comment les écrire ?

 

     Et puis à quoi bon, je disposais de tant de scènes pour m’exprimer !

 

     Et puis un matin, sans réfléchir, j’ai entrepris de maltraiter mon pauvre clavier. Les mots sortaient, sans que je sache vraiment d’où ils venaient. Ils se mutaient en phrases puis en paragraphes.

    C’est comme si nous étions deux, moi et l'autre moi !  Comme si je n’étais plus tout seul. L’un racontait et l’autre se contentait de rédiger ce qu’il entendait.

 

     C'est bien connu, les comédiens ont tous une part schizophrénique en eux,  n’importe quel metteur en scène vous le confirmera. Et puis, je le reconnais. Je me suis entre-temps formé à la psychologie.  Plusieurs d'années d'études psy,  cela laisse des traces et  cela façonne un vocabulaire !

 

     Justement ! Les qualités psychologiques de la créativité (Ou de l’inspiration)  sont celles qui permettent l’apparition du psi : être ouvert à ses émotions, être enthousiaste pour toute nouvelle expérience, être capable d’empathie avec les autres mais aussi d’auto-empathie, être tolérant et surtout n’avoir peur ni de son imaginaire, ni de son passé, ni de ses erreurs, ni de ses excès,  ni de ses échecs,  ni de ses succès !

     J'ai connu tout cela. J’ai tout simplement eu envie d’en témoigner.

     Personne peut-être ne parcourra mes pages, ou ils ne seront guère nombreux à le faire… Qu’importe ! Un jour, je me relirai, ou mes enfants le feront… Je me rappellerai, ils se rappelleront !

     Pendant de longues années, mes mots ont été mis en Actes… Aujourd’hui, mes actes deviennent des mots…

 

     Dont acte !

    

 

    

 

 

 

     Mon souhait est de partager quelques réflexions qui me sont apparues au cours de ces longues années de scènes participatives.   

 

     Après tant de rencontres vivantes avec des personnes, jeunes ou âgées, en souffrance ou pas j'ai voulu partager quelques-unes  de ces paroles imprégnées de sincérité  que j'ai recueillies au hasard des tournées.  

 

     Ce texte est un condensé de mon  expérience du théâtre d'intervention sociale, outil interactif proposant simplement  aux  spectateurs participants  de reprendre leur parole en main.

     Ce récit, se lisant à la façon d'un témoignage, s'inspire d'événements  vécus, non pas lors d'une seule séance, fort heureusement, mais au cours d'un grand nombre de représentations.   Tout en racontant en détail le déroulement complet d'une journée de représentation assortie de quelques anecdotes, je propose une approche de la méthode  qu'en 25 années de pratique, j'ai mise au point.

Cet écrit s’adresse aux  comédiens, metteurs en scène, animateurs, éducateurs...  mais aussi  à toute personne intéressée par le  théâtre outil et par les techniques d’animation participative.


 

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     Le bord de scène est sans doute ce mince espace où les acteurs rejoignent le public. Assis, l’on regarde mieux, on observe, on n’est plus acteur. On devient un autre, une sorte de lien, de passerelle, de trait d’union entre des personnages et des personnes, le public.

     L’auteur de ce livre vient partager son expérience d’agitateur d’idées. En fait, les idées sont celles des autres : une telle qui soudain mordant à une situation insupportable jette son cri et son histoire, un tel ressassant sa colère devant ce personnage imaginaire mais tellement réel.

 

     Les idées sont celles des autres, car vous ne trouverez ni manipulation ni volonté de séduire ou de convaincre. Pas de message normatif de prévention.

     Le théâtre d'intervention sociale mis en œuvre par JB Jouteur est celui du brouhaha puis du silence puis de la violence de la prise de conscience. Une prise de conscience attendue mais non provoquée par la force. Le théâtre vient par sa distance amener le public à prendre conscience qu'au-delà des faits et émotions personnelles, nous sommes dans une société de semblables.

 

     JB Jouteur s’adresse à ses semblables avec une infinie délicatesse, avec un infini respect.

     L'intervenant en théâtre social est à l'opposé de la prévention officielle : chez lui pas de message sur les cinq fruits et légumes, chez lui pas de message sur les dégâts des verres d'alcool … Une autre prévention plus subtile qui fait du doute, de l’interrogatif les moteurs de la démarche. Pas de certitude comme d’ailleurs dans la vraie vie. La vraie vie n’est-elle pas là lorsque l’intervenant regarde ému se lever et s’approcher celle qui toute timide et craintive vient dire une opinion empreinte d’authenticité.

     Authentique, maître mot, avec celui de bienveillance et de respect.

     Mais, direz-vous, le théâtre agite-t-il celles et ceux qu'il réunit ? Il y a les réfractaires, mais cette séance ne va-t-elle pas les marquer ? Il y a ceux dont l’opinion est tranchée, qui apostrophent, qui affirment de façon péremptoire la vérité ? Le théâtre sera-t-il ce grain de sable, ce poil à gratter, ce défaut d'évidence. Rencontre avec la complexité. Si les enseignants savaient combien cette rencontre avec la complexité de la vie est essentielle…

     N'ayant de message a priori, le théâtre d'intervention ne suscite ni culpabilité, ni défense. L’intervenant est d’une patience à toute épreuve, et des épreuves ce livre en expose. L'intervenant conduit, mais en toute disponibilité aux regards et aux remarques des uns et des autres. Ce qui compte n'est pas le succès d'un texte théâtral, souvent charpenté et ciselé, ce qui compte c'est une réflexion jaillissante, une colère retrouvant en chemin une autre colère, un affrontement avec un acteur.

 

     JB Jouteur est à la fois profondément engagé et complètement détaché de cet engagement. Il n’est pas militant d’idées, mais militant des personnes. Ces personnes rencontrées au hasard des séances, qu’il va agiter, remuer, parfois bouleverser.

     Se méfier à jamais des évidences.

     Le théâtre n'est pas la vie, dit-on et pourtant, la vie n'est-elle pas une mise en scène au scénario incertain. Le théâtre d'intervention vient proposer de la vie, c'est une proposition dans laquelle chacun est libre d'entrer et de sortir, comme ce livre …

 

Jacques LAPORTE

Docteur en psychologie sociale

 Vice-président de Loire-Prévention-Suicide

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